DPE D : efficacité énergétique moyenne, des travaux à prévoir ?

DPE D

La classe énergétique DPE D est l'une des plus courantes en France et représente 32 % des logements du territoire. Ni très économe, ni véritablement énergivore, elle correspond à une performance énergétique moyenne qui peut donner lieu à la réalisation de certains travaux d'efficacité. Comprendre ce que signifie cette étiquette, ce qu'elle implique pour la vente, la location et le budget énergie, puis savoir comment l'améliorer : voici tout ce que vous devez savoir au sujet du DPE D.

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) permet d'évaluer le niveau de consommation d'énergie d'un logement et son impact sur le climat. Il se classe par étiquette, de A (le plus performant) à G (le plus énergivore).

DPE D : qu'est-ce que c'est ?

Le Diagnostic de Performance Énergétique attribue une étiquette énergie à chaque logement, classée de A à G, en fonction de son efficacité énergétique. La classe D se situe pile au milieu de cette échelle : elle correspond à la catégorie de consommation moyenne.

Concrètement, cela signifie que les logements classés D ne sont ni très économes (comme les biens A ou B), ni très énergivores (comme les passoires thermiques F et G). Ils offrent déjà un certain niveau de confort thermique, mais conservent une marge d'amélioration importante pour réduire davantage la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre.

Depuis la réforme du DPE, l'étiquette repose sur un double seuil : la consommation d'énergie primaire (exprimée en kWh/m²/an) et les émissions de gaz à effet de serre (en kg CO₂eq/m²/an). C'est toujours le moins bon des deux critères qui détermine la classe finale du logement.

Échelle DPE de A à G situant la classe D moyenne dans le diagnostic de performance énergétique
Position de la classe D sur l'échelle du DPE — Source : Dimo Diagnostic

Comment est déterminé un DPE en D ?

Le DPE de classe D est le plus répandu en France : il est obtenu par une large majorité de résidences principales. Il concerne aussi bien les constructions anciennes que récentes, et peut porter aussi bien sur un appartement que sur une maison. On le retrouve fréquemment sur des logements dont la superficie est supérieure ou égale à 60 m².

La performance énergétique annuelle d'un logement de classe D est comprise entre 180 et 250 kWh/m²/an d'énergie primaire. En parallèle, le bien doit rejeter dans l'atmosphère une quantité de gaz à effet de serre cohérente avec cette étiquette, de l'ordre de 30 à 50 kg de CO₂ par m² et par an. Le DPE étant évalué en fonction des étiquettes énergie et climat, les seuils de performance doivent rester cohérents entre eux.

À titre d'illustration, un logement peut consommer une énergie primaire correspondant à l'étiquette D ; mais si la quantité de CO₂ rejetée dépasse le seuil autorisé (au-delà de 50 kg/m²/an), il bascule automatiquement dans la catégorie inférieure, soit la classe E. C'est ce mécanisme de « double seuil » qui explique que deux logements aux consommations proches puissent afficher deux étiquettes différentes.

En termes de coût, le budget énergie d'un DPE D se situe généralement dans une fourchette de plusieurs centaines à plus de mille euros par an selon la surface, le mode de chauffage et l'usage.

« En tant qu'expert immobilier, je serais ravi de vous fournir des conseils pour améliorer votre consommation énergétique. Voici quelques recommandations générales qui peuvent vous aider à réduire votre consommation d'énergie dans votre logement :

Isolation : assurez-vous que votre logement est correctement isolé. Une isolation adéquate des murs, combles, fenêtres et portes réduit les pertes de chaleur en hiver et les gains de chaleur en été, ce qui diminue votre consommation de chauffage et de climatisation.

Éclairage : remplacez les ampoules traditionnelles par des ampoules à LED, plus économes en énergie. Elles consomment moins d'électricité et durent plus longtemps, ce qui permet de réaliser des économies à long terme.

Appareils électroménagers : optez pour des appareils économes en énergie. Consultez les étiquettes énergétiques et choisissez les modèles les mieux classés : ils consomment moins tout en offrant des performances similaires.

Thermostat programmable : installez un thermostat programmable pour réguler la température plus efficacement. Vous pouvez programmer des plages horaires pour réduire le chauffage lorsque vous êtes absent ou pendant la nuit, et ainsi réaliser des économies. »

Romain, expert immobilier depuis 4 ans

ℹ️ Bon à savoir : un logement classé D affiche une consommation considérée comme modérée. Cependant, il reste une marge d'amélioration importante par rapport aux classes A et B, à la fois pour le confort et pour la valeur du bien.

Combien consomme un logement classé D ?

Un logement classé DPE D consomme entre 180 et 250 kWh/m²/an d'énergie primaire, ce qui le place dans une fourchette de consommation modérée.

Pour prendre la mesure de l'écart, un logement de classe A consomme moins de 70 kWh/m²/an : il existe donc une marge de progression significative entre un bien D et les meilleures étiquettes. À l'inverse, les logements énergivores de classe G dépassent 420 kWh/m²/an, ce qui met en évidence l'intérêt de viser une classe énergétique plus élevée dès que possible.

Le tableau ci-dessous récapitule, pour chaque classe, la consommation d'énergie primaire, les émissions de gaz à effet de serre et les coûts énergétiques moyens annuels associés.

Classe énergétique Énergie primaire consommée (kWh/m².an) Émissions de gaz à effet de serre (kg CO₂eq/m².an) Coûts moyens énergétiques par an
A 70 6 < 500 €
B 110 11 500 € à 700 €
C 180 30 700 € à 1 200 €
D 250 50 1 200 € à 1 600 €
E 330 70 1 600 € à 2 200 €
F ≤ 420 ≤ 100 2 200 € à 2 800 €
G > 420 > 100 > 3 500 €
Tableau comparatif consommation énergie primaire émissions CO2 et coûts annuels par classe DPE de A à G
Comparatif des classes énergétiques — Source : Dimo Diagnostic

Impact du DPE D sur le marché immobilier et sur le prix de vente 🎯

La classe D du Diagnostic de Performance Énergétique présente des implications variées sur le marché immobilier français.

  1. D'un côté, un logement classé D, situé dans la moyenne de la performance énergétique, peut être perçu comme un bon compromis pour les acheteurs soucieux du coût mais désireux d'une efficacité énergétique raisonnable. Ce classement offre un réel potentiel d'amélioration : il rend ces biens attrayants pour ceux qui cherchent à investir dans la rénovation énergétique.
  2. De l'autre côté, par rapport aux logements plus performants (classes C, B ou A), un DPE D peut affecter négativement la valeur de vente ou de location d'un bien. Les acheteurs et locataires sont de plus en plus conscients des enjeux énergétiques et environnementaux : ils privilégient souvent les logements aux meilleures évaluations, perçus comme plus durables et plus économiques à long terme.

En conséquence, les biens classés D peuvent se vendre ou se louer plus lentement, et potentiellement à des prix inférieurs, ce qui incite les propriétaires à envisager des améliorations pour faire monter le classement énergétique de leur logement. Cette différence de prix entre deux étiquettes voisines est ce que l'on appelle la « valeur verte » d'un bien.

ℹ️ Bon à savoir : à horizon 2034, la classe D pourrait devenir la classe la moins performante autorisée à la location. Le calendrier de la loi Climat et Résilience de 2021 prévoit en effet un durcissement progressif : interdiction de louer les logements classés G au 1er janvier 2025, les logements classés F au 1er janvier 2028, puis les logements classés E au 1er janvier 2034. Même pour un logement D aujourd'hui confortable, anticiper ces échéances par des travaux de rénovation devient donc un choix stratégique.

DPE D et location : quelle réglementation ?

Bonne nouvelle pour les propriétaires bailleurs : un logement classé D n'est pas concerné par l'interdiction de location des passoires thermiques. Seuls les logements les plus énergivores sont progressivement retirés du marché locatif selon le calendrier de la loi Climat et Résilience (G en 2026, F en 2028, E en 2034). Un bailleur n'a donc, à ce jour, aucune obligation de réaliser des travaux pour louer un bien classé D.

En revanche, la présentation d'un DPE valide reste obligatoire pour toute mise en location. Le document doit être remis au locataire, refléter fidèlement la performance du logement et être conforme aux dernières réglementations. À noter également qu'à compter de 2034, un audit énergétique deviendra obligatoire avant la vente d'un logement classé D, comme c'est déjà le cas pour les classes E, F et G.

Vous êtes locataire d'un logement classé D ? Le propriétaire n'a pas d'obligation de réaliser des travaux, mais vous pouvez trouver un arrangement : souvent, il suffit de demander avec les bons arguments. Vous pouvez par exemple mettre en avant qu'un bien classé C a davantage de valeur qu'un DPE D, et que dans les années à venir, un logement classé C se louera plus facilement et plus cher qu'un logement D. Enfin, rappelez que des aides à la rénovation énergétique existent pour les bailleurs, ce qui réduit sensiblement le coût des travaux.

ℹ️ À anticiper — évolution du DPE : une révision du DPE est prévue pour faire évoluer le facteur de conversion de l'électricité entre énergie finale et énergie primaire. Cette modification pourrait faire changer d'étiquette certains logements chauffés à l'électricité, sans travaux. Il est donc utile de suivre l'actualité réglementaire avant d'engager un chantier.

Comment améliorer la performance : passer d'un DPE D à C ou B ?

Le propriétaire d'un bien classé DPE D peut tout à fait viser une meilleure étiquette. La réalisation de certains travaux s'avère toutefois nécessaire pour y parvenir. Pour un simple gain d'une classe (de D à C), des interventions ciblées suffisent souvent ; pour un saut plus ambitieux (de D à B), il faut envisager une rénovation d'ampleur combinant plusieurs postes.

Étapes des travaux de rénovation énergétique pour passer d'un DPE D à C
Les leviers pour gagner une classe énergétique — Source : Dimo Diagnostic

Réalisez un audit énergétique

Pour les biens anciens, un audit énergétique est la première étape pour passer d'un DPE D à C. Cette vérification permet de déterminer les travaux essentiels à effectuer pour un meilleur confort thermique et vous épargne une réfection globale coûteuse et mal ciblée.

Changez les menuiseries et les vitrages du logement

Les vitres et les menuiseries d'une habitation peuvent entraîner d'importantes pertes thermiques. Pour passer d'un DPE D à un DPE C, pensez à remplacer votre simple vitrage par un modèle double, voire triple vitrage. Contrôlez ensuite l'état des menuiseries intérieures et extérieures : si elles sont détériorées, faites appel à un professionnel pour des travaux de réparation appropriés, ou remplacez les éléments défectueux lorsque la rénovation est impossible.

Réalisez l'isolation du plancher bas et des combles

Des combles en mauvais état deviennent rapidement énergivores : ils favorisent la déperdition de la chaleur accumulée dans le logement. En les isolant correctement, vous améliorez nettement la performance énergétique de votre maison. Les mêmes travaux d'isolation peuvent porter sur le plancher bas, autre poste de déperdition souvent négligé.

Contrôlez le système de chauffage

Un contrôle du système de chauffage permet aussi de changer de classe énergétique. Vous pouvez par exemple remplacer la source d'énergie qui produit l'eau chaude sanitaire, installer des robinets thermostatiques, ou encore isoler les tuyaux de chauffage. Dans tous les cas, il est recommandé de prendre l'avis d'un chauffagiste avant d'entamer les travaux : cet expert vous indiquera les options les mieux adaptées à votre logement pour passer d'un DPE D à C.

Passer de D à B : viser une rénovation d'ampleur

Pour améliorer la classification d'un logement de D à B, il est nécessaire d'entreprendre des rénovations d'une envergure plus importante. Ces travaux incluent généralement une meilleure isolation thermique globale, le remplacement du système de chauffage par une solution plus performante, l'installation de fenêtres à haute efficacité énergétique, et parfois l'ajout de solutions basées sur les énergies renouvelables, comme des panneaux solaires. L'objectif est de réduire de manière significative la consommation d'énergie du logement.

Faites appel à un organisme d'aide à la rénovation énergétique

Le gain d'une classe énergétique s'inscrit dans une logique globale de rénovation énergétique et permet de réduire votre empreinte carbone. Pour financer votre projet, vous pouvez solliciter plusieurs aides et réduire d'autant le budget à consacrer au changement de classe : la prime « Coup de pouce économie d'énergie », MaPrimeRénov' ou encore « l'éco-prêt à taux zéro » peuvent servir au financement du passage d'un DPE classe D à C.

Les primes & subventions pour financer les travaux de rénovation énergétique 💰

Pour soutenir les efforts de rénovation énergétique, les propriétaires en France peuvent accéder à diverses aides financières. Voici les principaux dispositifs disponibles :

  • MaPrimeRénov' : ce programme subventionne une partie des coûts liés à l'amélioration de l'efficacité énergétique des logements. Le montant varie selon les revenus du foyer et la nature des travaux engagés.
  • Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) : mis en place par les fournisseurs d'énergie, ces certificats aident à financer les projets d'amélioration énergétique.
  • TVA à taux réduit de 5,5 % : applicable à certains travaux de rénovation énergétique, cette mesure fiscale réduit le coût total des travaux.
  • Éco-prêt à taux zéro : un prêt sans intérêt destiné à financer des travaux de rénovation d'ampleur, qui rend les projets plus abordables pour les propriétaires.
  • Prime « Coup de pouce économie d'énergie » : une aide dédiée à certains travaux, cumulable sous conditions avec les autres dispositifs.
Aides financières MaPrimeRénov CEE éco-PTZ TVA 5,5% pour rénover un logement classé DPE D
Principales aides à la rénovation énergétique — Source : Dimo Diagnostic
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Quel est le bon DPE ?

En France, la classe énergétique des logements varie selon des lettres allant de A à G. Plus la lettre est proche de A, plus le logement est performant.

La consommation d'un logement doté d'une efficacité énergétique correcte ne doit pas dépasser 250 kWh/m²/an. Cette indication correspond à la limite haute des étiquettes moyennes. Un DPE D offre une efficacité moyenne, tandis que les étiquettes C, B et A traduisent une efficacité nettement plus élevée. À l'inverse, les classes E, F et G marquent le passage vers les logements peu performants, puis vers les passoires thermiques.

Exemple : pour déterminer la meilleure classe énergétique à viser pour un logement, plusieurs facteurs doivent être pris en compte. Voici quelques étapes que Maxime peut suivre pour prendre une décision éclairée :

  1. Évaluation de l'efficacité énergétique actuelle : Maxime peut commencer par réaliser un audit énergétique de son logement. Confié à un professionnel qualifié, il examinera l'isolation, les systèmes de chauffage et de refroidissement, les appareils électroménagers, etc.
  2. Consultation des étiquettes énergétiques : les appareils électroménagers et les systèmes de chauffage sont fournis avec une étiquette énergétique. Maxime peut les consulter pour comparer différentes options et choisir les plus économes.
  3. Considération des sources d'énergie renouvelable : Maxime peut aussi envisager d'utiliser des sources d'énergie renouvelable, comme l'énergie solaire ou éolienne. L'installation de panneaux solaires contribue à réduire la consommation d'énergie provenant de sources non renouvelables.

FAQ : mieux comprendre le DPE 🙋

Est-il nécessaire de fournir un DPE pour louer un logement et quelle est la classification requise ?

Oui, la présentation d'un Diagnostic de Performance Énergétique valide est impérative pour la location d'un bien immobilier. Ce document doit être fourni au locataire et refléter précisément la performance énergétique du logement. Il n'existe pas de classe minimale requise pour louer un bien classé D, mais le DPE doit être récent et conforme aux dernières réglementations.

Doit-on réaliser un DPE pour vendre un bien immobilier et quelle est la note requise ?

Pour la vente d'un bien immobilier, fournir un DPE valide est tout aussi obligatoire. Le vendeur doit posséder un DPE actualisé, disponible dès le début du processus de vente. Comme pour la location, aucune classe énergétique minimale n'est exigée pour vendre, mais le document doit être conforme aux normes actuelles. À noter : un audit énergétique est déjà obligatoire avant la vente des logements E, F et G, et le sera pour la classe D à compter de 2034.

Qui fournit le DPE ?

La réalisation du Diagnostic de Performance Énergétique est confiée à un diagnostiqueur certifié professionnellement. Ce spécialiste est engagé par le propriétaire du logement, qu'il soit vendeur ou bailleur. Il est essentiel de sélectionner un diagnostiqueur compétent et accrédité pour garantir la fiabilité et la précision du DPE.

Quelle est la durée de validité d'un DPE ?

Un DPE réalisé selon la réglementation en vigueur est valable 10 ans. Il est valable pour toute la durée de cette période, sauf en cas de travaux significatifs qui justifient la réalisation d'un nouveau diagnostic pour refléter la performance mise à jour du logement.

Le DPE évalue-t-il le confort d'été ?

Oui, depuis la réforme du DPE, un indicateur de confort d'été est intégré au diagnostic. Il renseigne sur la capacité du logement à rester frais lors des fortes chaleurs, un critère de plus en plus recherché par les acheteurs et locataires.

Comment passer d'un DPE D à B ?

Pour améliorer la classification d'un logement de D à B, il est essentiel d'entreprendre des rénovations d'envergure : meilleure isolation thermique, remplacement du système de chauffage par une solution plus performante, installation de fenêtres à haute efficacité énergétique et, parfois, ajout de solutions basées sur les énergies renouvelables comme des panneaux solaires. L'objectif reste de réduire significativement la consommation d'énergie du logement.

🤓 Ce qu'il faut retenir :
  • Le DPE D représente 32 % des logements en France.
  • Il indique une performance énergétique moyenne : un logement de classe D consomme entre 180 et 250 kWh/m²/an.
  • Un logement classé D n'est pas concerné par l'interdiction de location des passoires thermiques (G en 2026, F en 2028, E en 2034).
  • Le DPE D peut affecter le prix de vente ou de location via la « valeur verte » du bien.
  • Pour passer de D à C ou B, des travaux d'amélioration ciblés ou d'ampleur sont nécessaires, finançables par plusieurs aides (MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ, TVA 5,5 %).
Calendrier loi Climat interdiction location logements énergivores G 2025 F 2028 E 2034
Échéances de la loi Climat et Résilience — Source : Dimo Diagnostic

Romain Baldassarre

Responsable Technique - Dimo Diagnostic

 

Expert en diagnostic immobilier depuis près de 4 ans, j'informe désormais les propriétaires et bailleurs concernant les dernières réglementations en vigueur sur les diagnostics immobiliers !