Zone radon niveau 3 : est-ce dangereux, et que faire ?

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Une commune classée en zone radon niveau 3 repose, sur tout ou partie de son territoire, sur des roches plus riches en uranium que la moyenne — granit, roches volcaniques, certains schistes. Le sol y libère davantage de radon, un gaz radioactif naturel, inodore et invisible, qui peut s’accumuler dans les bâtiments. Ce classement ne dit rien de votre maison : dans ces communes, d’après l’ASNR, plus de 40 % des bâtiments dépassent 100 Bq/m³ et plus de 10 % dépassent le niveau de référence de 300 Bq/m³ — ce qui signifie aussi que la grande majorité reste en dessous.

Le danger est réel à long terme : le radon est la deuxième cause de cancer du poumon en France après le tabac, avec environ 3 000 décès par an. Mais il se mesure pour quelques dizaines d’euros et se réduit par des travaux simples dans la plupart des cas. À la vente comme à la location, la seule obligation est d’informer : le classement figure dans l’état des risques, aucune mesure n’est imposée. Voici ce que le niveau 3 change pour vous, et quoi faire.

Sommaire

Qu’est-ce que le radon, et pourquoi votre commune est en zone 3

Le radon provient de la désintégration de l’uranium présent naturellement dans les sols. Il remonte vers la surface et pénètre dans les bâtiments par les fissures des dalles et des murs enterrés, les passages de canalisations, les vides sanitaires mal ventilés. Dehors, il se dilue ; dedans, il s’accumule, surtout en hiver quand on aère moins. Sa concentration se mesure en becquerels par mètre cube d’air (Bq/m³).

Depuis l’arrêté du 27 juin 2018, chaque commune française est classée dans l’une des trois catégories définies à l’article R1333-29 du Code de la santé publique, selon la géologie de son sous-sol :

CatégorieCe que cela signifieCommunes
Zone 1 — potentiel faibleFormations pauvres en uranium : grands bassins sédimentaires (Bassin parisien, Bassin aquitain), calcaires, sables, argiles26 823
Zone 2 — potentiel faible avec facteurs aggravantsSous-sol pauvre en uranium, mais failles, anciennes mines ou ouvrages souterrains facilitant la remontée du gaz2 081
Zone 3 — potentiel significatifAu moins une partie du territoire sur des roches riches en uranium : massifs granitiques et volcaniques (Bretagne, Massif central, Vosges, Corse, Alpes, Pyrénées)7 060

Le classement est fait à l’échelle de la commune entière : une commune passe en zone 3 dès qu’une partie de son sol le justifie. Deux maisons voisines peuvent donc présenter des concentrations très différentes selon la roche exactement sous leurs fondations, la présence d’un sous-sol, l’étanchéité de la dalle et la ventilation. Pour connaître la catégorie de votre commune, la carte officielle est sur Géorisques.

Zone radon niveau 3 : est-ce dangereux ?

Oui, à long terme, et c’est une question de dose cumulée sur des années. Le radon est classé cancérogène certain pour le poumon depuis 1987. En France, l’évaluation conjointe de l’IRSN — devenu ASNR — et de Santé publique France lui attribue environ 10 % des décès par cancer du poumon, soit près de 3 000 par an : la deuxième cause après le tabac, devant l’amiante. Le risque se combine avec celui du tabac : à exposition égale, il est très supérieur chez un fumeur.

Le niveau de référence est fixé à 300 Bq/m³ en moyenne annuelle (article R1333-28 du Code de la santé publique). Ce n’est pas une frontière entre « sain » et « dangereux » — le risque diminue avec la concentration, sans seuil — mais le niveau au-delà duquel il faut agir. Pour situer les ordres de grandeur :

Concentration mesuréeLecture, et ce qu’il faut faire
moins de 100 Bq/m³Niveau courant de la majorité des logements français.
Rien de particulier ; aérer comme d’habitude.
100 à 300 Bq/m³Sous le niveau de référence, mais réduire reste utile.
Aérer davantage, entretenir la ventilation, colmater les entrées d’air du sol.
300 à 1 000 Bq/m³Niveau de référence dépassé.
Actions simples sur la ventilation et l’étanchéité, puis nouvelle mesure pour vérifier.
plus de 1 000 Bq/m³Concentration élevée.
Diagnostic du bâtiment par un professionnel et travaux : étanchéité, ventilation, dépressurisation du sol.

Retenez la règle de trois : le classement de la commune donne une probabilité, seule une mesure dans le logement donne une réalité, et seule la durée d’exposition fait le risque. Un logement à 400 Bq/m³ où vous passez vos nuits depuis vingt ans compte ; un garage à 600 Bq/m³ où vous restez dix minutes par jour, beaucoup moins.

Les départements les plus concernés, là où nous intervenons

Nous avons croisé le zonage officiel commune par commune — le fichier « Connaître le potentiel radon de ma commune » publié par l’ASNR sur data.gouv.fr — avec nos 33 départements d’intervention. Résultat : 1 527 communes sur 10 361, soit 15 %, sont en zone 3 — mais la répartition est très inégale.

Part des communes en zone radon niveau 3 par département : 79 % dans la Loire, 78 % en Loire-Atlantique, 61 % dans le Rhône (zonage ASNR, arrêté du 27 juin 2018)
Part des communes classées en zone radon 3 dans les départements où Dimo Diagnostic intervient — Source : ASNR, zonage de l’arrêté du 27 juin 2018, analyse Dimo Diagnostic
  • Loire (79 %) et Loire-Atlantique (78 %) : Massif central d’un côté, Massif armoricain de l’autre. À Saint-Étienne comme à Nantes, la zone 3 est la norme, pas l’exception.
  • Rhône (61 %) : les monts du Lyonnais et du Beaujolais sont granitiques ; Lyon même est concernée.
  • Pyrénées-Orientales (54 %), Var (40 %), Tarn (33 %) : Canigou et Albères, massifs des Maures et de l’Estérel, Sidobre et Montagne noire.
  • Savoie, Haut-Rhin, Territoire de Belfort, Alpes-Maritimes, Gard : entre 20 et 30 % des communes, en montagne surtout.
  • Île-de-France, Bouches-du-Rhône, Doubs, Ain, Vaucluse : aucune commune en zone 3. À Paris et dans la petite couronne, la question ne se pose pas.

Sur nos états des risques, la mention apparaît sous la forme « potentiel radon significatif », avec le rappel que le classement est communal. C’est souvent à cette ligne que les vendeurs découvrent le sujet.

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Vente et location en zone 3 : ce qui est obligatoire

Depuis le 1er juillet 2018, l’acquéreur ou le locataire d’un bien situé dans une commune de zone 3 doit être informé du risque d’exposition au radon. Cette information passe par l’état des risques — l’ancien ERNMT —, document du dossier de diagnostic technique que le vendeur ou le bailleur établit à partir des données de Géorisques. Concrètement :

  • l’état des risques mentionne que la commune est classée « zone à potentiel radon significatif, dite de niveau 3 » ;
  • il doit être remis dès la première visite du bien, puis annexé à la promesse ou à l’acte de vente, ou au bail ;
  • il doit dater de moins de six mois au moment de la signature, et être mis à jour si les informations ont changé entre-temps ;
  • depuis le 1er janvier 2023, toute annonce doit porter la mention « Les informations sur les risques auxquels ce bien est exposé sont disponibles sur le site Géorisques ».

En revanche, aucune mesure du radon n’est obligatoire dans un logement privé, ni pour vendre, ni pour louer, ni pour habiter. Il n’existe pas de diagnostic radon réglementaire pour les particuliers : les obligations de mesure concernent certains établissements recevant du public et les lieux de travail. Un vendeur qui a fait mesurer son logement n’a pas non plus à joindre le résultat, mais il doit répondre honnêtement s’il est interrogé : dissimuler un résultat connu relève du défaut d’information.

Si l’état des risques manque ou est erroné, l’acquéreur peut demander au juge la résolution de la vente ou une diminution du prix ; le locataire, la résiliation du bail ou une baisse de loyer. Les autres diagnostics du dossier de vente et de la location ne changent pas avec le zonage radon.

Radon niveau 3 : que faire, concrètement

La réponse tient en trois temps : mesurer, interpréter, corriger si besoin.

1. Mesurer, en hiver, pendant au moins deux mois

L’appareil pour mesurer le radon dans une maison est un dosimètre passif — une petite capsule à poser soi-même, sans électricité —, que l’on renvoie ensuite au laboratoire. L’ASNR recommande une mesure d’au moins deux mois, de préférence pendant la saison de chauffe, quand les fenêtres restent fermées et que la concentration est la plus élevée. Placez les détecteurs dans les pièces où vous passez le plus de temps, au niveau le plus bas occupé : chambre et séjour, plutôt qu’au grenier. Comptez quelques dizaines d’euros par détecteur, analyse comprise — de l’ordre de 45 € pour un kit de trois pièces. Les laboratoires cités par l’ASNR : Algade, Pearl, Radonova, Eurofins. Les appareils électroniques « instantanés » donnent une tendance, pas une moyenne annuelle : ils ne remplacent pas le dosimètre.

2. Interpréter le résultat

Sous 300 Bq/m³, rien n’est requis. Entre 300 et 1 000, les actions simples suffisent le plus souvent ; au-delà de 1 000, il faut un diagnostic du bâtiment. Dans tous les cas, une nouvelle mesure après travaux est indispensable : l’efficacité des corrections ne se devine pas, elle se vérifie.

3. Réduire le radon

  • Aérer et ventiler. Dix minutes d’ouverture des fenêtres par jour, entretien ou installation d’une VMC. C’est le premier levier, et le moins cher.
  • Étanchéifier les entrées du sol. Colmater les fissures de dalle, les passages de canalisations, les joints entre dalle et murs ; poser une membrane en cas de rénovation lourde.
  • Ventiler les volumes en contact avec le sol. Vide sanitaire, cave, sous-sol : un flux d’air permanent empêche l’accumulation.
  • Dépressuriser le sol sous la dalle, par un puisard et un extracteur : la solution la plus efficace pour les concentrations élevées, à faire dimensionner par un professionnel.

Ces actions perdent en efficacité avec le temps — une fissure se rouvre, un extracteur s’encrasse. L’ASNR conseille de refaire une mesure tous les quelques années, et après tout gros travaux qui modifie l’étanchéité ou la ventilation, y compris une isolation qui rend le logement plus étanche.

Acheter ou vendre une maison en zone radon 3

Vous achetez. La mention en zone 3 n’est pas un motif de renoncer : elle concerne 7 060 communes et des villes entières. Regardez plutôt le bâtiment — sous-sol ou vide sanitaire, dalle sur terre-plein, ventilation, niveau où l’on dort — et posez la question au vendeur : une mesure a-t-elle été faite ? Si le bien vous plaît, prévoyez un dosimètre dès le premier hiver ; les travaux correctifs, quand ils sont nécessaires, restent le plus souvent d’un coût modeste au regard du prix du bien.

Vous vendez. Une mesure récente et un résultat sous 300 Bq/m³ sont un argument, et coupent court aux inquiétudes de l’acheteur. Si le résultat dépasse le niveau de référence, corriger puis remesurer avant la mise en vente vaut mieux qu’une négociation à l’aveugle. Dans tous les cas, l’état des risques est à établir dans les six mois précédant la signature ; il est gratuit et nous l’intégrons au dossier de diagnostics.

Vous louez. Le bailleur doit fournir l’état des risques ; le locataire peut mesurer lui-même. Les mesures de ventilation et d’étanchéité relèvent du propriétaire dès lors qu’un résultat dépasse le niveau de référence.

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Questions fréquentes sur le radon en zone 3

Ma commune est en zone 3 : ma maison est-elle forcément contaminée ?

Non. Dans les communes de zone 3, plus de 10 % des bâtiments dépassent 300 Bq/m³ d’après l’ASNR ; la grande majorité reste en dessous. Seule une mesure vous renseigne sur votre logement.

Un appartement en étage est-il concerné ?

Beaucoup moins qu’un rez-de-chaussée : le radon vient du sol et se dilue en montant. Les logements les plus exposés sont ceux en contact avec le sol — rez-de-chaussée sur terre-plein, sous-sol aménagé, maison avec cave. Une mesure reste possible si vous voulez en avoir le cœur net.

Le diagnostic radon est-il obligatoire pour vendre ?

Non. Seule l’information par l’état des risques est obligatoire, et uniquement en zone 3. Aucune mesure n’est exigée pour un logement privé.

Combien coûte une mesure de radon ?

Quelques dizaines d’euros par dosimètre, analyse du laboratoire comprise ; environ 45 € pour un kit de trois détecteurs. C’est le seul coût de l’étape de mesure.

Quelle différence entre zone 1, 2 et 3 ?

La géologie. Zone 1 : sols pauvres en uranium. Zone 2 : sols pauvres en uranium mais failles ou anciennes mines facilitant la remontée du gaz. Zone 3 : roches riches en uranium sur au moins une partie de la commune. Seule la zone 3 déclenche l’information obligatoire à la vente et à la location.

Le radon peut-il venir de l’eau ou d’un plan de travail en granit ?

Marginalement. L’ASNR considère l’exposition par l’alimentation comme négligeable et rappelle que la source principale, de très loin, est le sol sous le bâtiment. Un plan de travail en granit peut en émettre un peu, sans commune mesure avec ce qui remonte d’une dalle fissurée.

Quels symptômes en cas d’exposition au radon ?

Aucun. Le radon ne provoque ni gêne ni signe immédiat ; c’est précisément pour cela qu’il faut le mesurer plutôt que d’attendre de le sentir.

Comment savoir si ma commune est en zone 3 ?

Sur Géorisques, en saisissant le nom de la commune, ou sur l’état des risques établi pour le bien. Le classement découle de l’arrêté du 27 juin 2018 et ne change pas d’une année sur l’autre.