Le DPE (diagnostic de performance énergétique) est le document qui classe un logement de A à G selon sa consommation d'énergie et ses émissions de gaz à effet de serre. Une évolution de son mode de calcul, applicable au 1er janvier 2027, pourrait faire remonter la note de nombreux logements chauffés à l'électricité, sans qu'aucun travaux ne soit réalisé.
Votre logement fait-il partie de ceux qui pourraient être concernés ? Qu'est-ce qui change exactement dans le calcul, et quelles conséquences pour vendre, louer ou financer votre bien ? Voici ce que prévoient les textes, et ce que cela implique concrètement pour vous.
Sommaire
- Ce que prévoit la réforme du DPE au 1er janvier 2027
- Pourquoi le coefficient de l'électricité change la donne
- Les énergies renouvelables enfin prises en compte
- Qui est concerné et à partir de quand ?
- Ce que cela change pour vendre, louer ou financer
- Faut-il refaire son DPE en 2027 ?
- Comment Dimo peut vous accompagner
Ce que prévoit la réforme du DPE au 1er janvier 2027
Deux textes distincts encadrent ces évolutions. D'une part, l'arrêté du 19 août 2026 (publié au Journal officiel le 26 août 2026) abaisse le coefficient de conversion en énergie primaire de l'électricité de 1,9 à 1,7 à compter du 1er janvier 2027 : c'est ce texte qui a un effet direct sur les classes. D'autre part, l'arrêté du 11 juin 2026 (JORF n°188 du 13 août 2026) ajoute des mentions sur l'étiquette (dont A0) et l'affichage de la production d'énergies renouvelables, sans modifier le calcul des classes.
Selon Le Revenu, Immobilier 2.0 et Maison & Travaux, jusqu'à environ 300 000 logements aujourd'hui classés F ou G — les fameuses « passoires thermiques » — pourraient sortir de ce statut sans qu'aucun travaux de rénovation ne soit réalisé. Il s'agit toutefois d'une estimation relayée par la presse spécialisée, et non d'un chiffre officiel.
La raison est purement méthodologique : la façon dont le DPE convertit l'énergie consommée en note est modifiée par l'abaissement du coefficient de l'électricité.
Pourquoi le coefficient de l'électricité change la donne
Pour comparer des énergies différentes (gaz, fioul, électricité, bois), le DPE ne se contente pas de mesurer l'énergie livrée au logement. Il applique un coefficient de conversion en énergie primaire, censé refléter l'énergie mobilisée pour produire et acheminer chaque source jusqu'au compteur.
Jusqu'ici, l'électricité est pénalisée par ce coefficient plus élevé que celui des autres énergies. En application de l'arrêté du 19 août 2026, ce coefficient d'énergie primaire de l'électricité est abaissé de 1,9 à 1,7. Concrètement, à consommation identique, un logement chauffé à l'électricité verrait son étiquette énergétique améliorée mécaniquement.
Un exemple pour comprendre le mécanisme
Avec l'ancien coefficient, chaque kilowattheure d'électricité consommé comptait pour 1,9 kWh d'énergie primaire dans le calcul. Avec 1,7, ce même kilowattheure « pèse » moins lourd dans la note finale. C'est ce simple ajustement qui explique qu'un logement puisse remonter d'une classe sans le moindre chantier.
Il n'envisageait pas de le louer après 2028 en raison de l'interdiction progressive des passoires thermiques.
Avec le nouveau coefficient applicable au 1er janvier 2027, son logement pourrait remonter en classe E, sans qu'il ait touché à l'isolation ni au chauffage.
Ce simple changement de calcul pourrait modifier sa capacité à continuer de louer le bien.
Pour bien comprendre l'impact d'une note sur un bien chauffé à l'électricité, consultez notre dossier sur les classes énergie de A à G et notre page dédiée au DPE des appartements.
Les énergies renouvelables enfin prises en compte
Deuxième évolution, portée par l'arrêté du 11 juin 2026 et la mention A0 : l'étiquette du DPE affiche désormais davantage d'informations sur la présence d'énergies renouvelables dans les bâtiments, ainsi que la production associée. Panneaux photovoltaïques, solaire thermique ou autres dispositifs produisant de l'énergie sur place peuvent ainsi être mieux mis en avant sur l'étiquette.
Pour les propriétaires ayant déjà investi dans une installation solaire, c'est une reconnaissance attendue : jusqu'à présent, ces équipements n'étaient pas toujours pleinement affichés dans l'étiquette finale du DPE.
Qui est concerné et à partir de quand ?
Ce sont surtout les logements chauffés à l'électricité, ainsi que ceux équipés d'énergies renouvelables, qui bénéficieront de ces évolutions. Les logements chauffés au gaz ou au fioul ne sont pas concernés par la baisse du coefficient électricité.
Le chiffre avancé par plusieurs médias — Le Revenu, Immobilier 2.0, epochtimes.fr — est de 300 000 logements susceptibles de quitter les classes F et G. Attention : il s'agit d'une estimation relayée par la presse, pas d'un décompte officiel.
- Vous êtes potentiellement concerné si votre logement est chauffé à l'électricité et proche d'un seuil de classe (par exemple F proche de E).
- Vous l'êtes également si vous produisez de l'électricité ou de la chaleur via une installation renouvelable.
- Vous ne l'êtes pas si votre bien est chauffé au gaz ou au fioul et loin d'un changement de classe.
La date d'entrée en vigueur du nouveau coefficient est fixée au 1er janvier 2027 par l'arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel le 26 août 2026.
Ce que cela change pour vendre, louer ou financer
Sortir de la catégorie des passoires thermiques n'est pas anodin. La classe énergétique conditionne aujourd'hui plusieurs aspects concrets de la vie d'un bien immobilier.
| Situation | Impact possible d'un meilleur classement |
| Location | Un logement sortant des classes F ou G peut échapper aux restrictions progressives visant les passoires thermiques. |
| Vente | Une meilleure étiquette rassure les acquéreurs et peut valoriser le bien à l'annonce. |
| Financement | La classe énergétique peut influer sur certaines conditions d'emprunt liées à la performance du logement. |
Attention toutefois : plusieurs médias, dont Révolution Énergétique, soulignent que ce n'est pas nécessairement « une bonne nouvelle » sur le fond. Un logement mieux classé sur le papier ne consomme pas moins d'énergie pour autant, et le confort réel de l'occupant ne change pas sans travaux. Si votre bien est ancien, notre guide sur le DPE d'une maison ancienne aide à distinguer amélioration de calcul et amélioration réelle.
Le débat sur ce que mesure vraiment le DPE n'est d'ailleurs pas clos : une question écrite du député Mickaël Cosson (n°17751, publiée au Journal officiel le 4 août 2026) interroge la prise en compte de l'isolation et du bâti dans le calcul. Les deux arrêtés de 2026 n'y répondent pas ; ils ajustent le coefficient de l'électricité et l'affichage, pas la méthode.
Faut-il refaire son DPE en 2027 ?
Un DPE réalisé avant la réforme conserve sa validité. Bonne nouvelle : il est inutile de repayer un DPE pour bénéficier du nouveau calcul. Les DPE en cours de validité restent valables et une attestation de la nouvelle étiquette est générée gratuitement par l'ADEME (Observatoire du DPE), sans nouvelle visite ni nouveau diagnostic.
Avant toute démarche, deux réflexes utiles :
- Retenir la date d'entrée en vigueur du nouveau coefficient : le 1er janvier 2027 (arrêté du 19 août 2026).
- Vérifier votre rendement énergétique réel plutôt que de vous fier à la seule étiquette, surtout si vous visez à terme un DPE A.
Les sources officielles à consulter en priorité restent l'ADEME, le site service-public.fr et Légifrance pour les textes réglementaires.
Comment Dimo peut vous accompagner
Chez Dimo Diagnostic, nos diagnostiqueurs certifiés réalisent votre DPE selon la méthode réglementaire en vigueur. À compter du 1er janvier 2027, nos équipes appliqueront le nouveau mode de calcul et pourront vous indiquer si votre logement, notamment s'il est chauffé à l'électricité ou équipé d'énergies renouvelables, est susceptible de changer de classe.
Nous pouvons aussi vous conseiller sur l'opportunité de refaire votre diagnostic en fonction de votre projet de vente ou de location.
- L'arrêté du 19 août 2026 abaisse le coefficient de l'électricité de 1,9 à 1,7 à compter du 1er janvier 2027, ce qui modifie le calcul des classes.
- L'arrêté du 11 juin 2026 ajoute des mentions sur l'étiquette (dont A0) et l'affichage de la production d'énergies renouvelables, sans changer le calcul des classes.
- Jusqu'à environ 300 000 logements classés F ou G pourraient sortir du statut de passoire thermique sans travaux, selon une estimation de la presse spécialisée à confirmer.
- Inutile de repayer un DPE : les DPE en cours de validité restent valables et l'ADEME génère gratuitement l'attestation de la nouvelle étiquette, sans visite.

