Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) est le document qui classe un logement de A à G selon sa consommation d'énergie et ses émissions de gaz à effet de serre. Son mode de calcul doit évoluer au 1er janvier 2027, comme l'a rapporté Action agricole Picarde début octobre 2026.
Mais au-delà du calcul lui-même, c'est la profession des diagnostiqueurs qui traverse une période de fortes tensions à quelques mois de l'échéance. Qui est concerné par ce changement ? Pourquoi les fédérations ne s'accordent-elles pas ? Et surtout, qu'est-ce que cela change pour un propriétaire, un bailleur ou un acquéreur ? Voici l'essentiel pour comprendre et anticiper.
Sommaire
Ce que change le DPE au 1er janvier 2027
Selon Action agricole Picarde, le mode de calcul du DPE est appelé à changer au 1er janvier 2027. Le DPE actuel repose sur une méthode dite « conventionnelle » (le 3CL), qui estime la consommation d'un logement à partir de ses caractéristiques techniques : isolation, système de chauffage, production d'eau chaude, surface, année de construction.
L'objectif d'une évolution du calcul est généralement d'améliorer la fiabilité de l'étiquette et de corriger certains effets jugés injustes pour des catégories de logements. Les paramètres précis de la réforme de 2027 ne sont toutefois pas détaillés dans les dépêches dont nous disposons : nous ne reprenons donc que le fait établi, à savoir le changement de méthode à cette date.
Pour comprendre ce qui se joue déjà cette année et l'an prochain, vous pouvez consulter notre article de synthèse sur le nouveau DPE et ce qui change en 2026 et 2027.
Pourquoi la profession des diagnostiqueurs se divise
En parallèle de la réforme du calcul, la représentation de la profession connaît une recomposition. D'après Quotidiag, deux structures se sont distinguées à l'issue d'une motion signée en présence du député Daniel Labaronne : Nous Diagnostiqueurs Le Syndicat et l'UFD3I.
Dans un communiqué publié fin septembre 2026 et relayé par Quotidiag, Nous Diagnostiqueurs salue cette évolution comme un pas important pour la profession et affirme vouloir s'inscrire dans une démarche constructive avec les pouvoirs publics. Le syndicat met en avant plusieurs axes de travail : la suspension de certains indicateurs de performance (KPI), la surveillance et les contrôles, la formation continue, les contrôles documentaires, ainsi que des chantiers à venir comme un code de déontologie et la recertification.
Mais cette sélection ne fait pas l'unanimité. Toujours selon Quotidiag, le député Daniel Labaronne a publié fin septembre 2026 une lettre ouverte aux diagnostiqueurs dans laquelle il revient sur le choix de ces deux organisations. Des questions y sont soulevées : pourquoi ces deux structures ? Selon quels critères ? Et quelle place pour les autres acteurs de la profession ?
Faux diplômes et fraudes : un contexte tendu
À ces tensions de représentation s'ajoute un sujet qui touche directement la confiance dans les diagnostics. Dans un communiqué diffusé début octobre 2026 et relayé par Quotidiag, la fédération FED Experts alerte sur des cas de faux diplômes et de fausses attestations dans le secteur du diagnostic immobilier et de l'audit énergétique.
Selon ce communiqué, FED Experts demande aux pouvoirs publics de :
- sécuriser l'authenticité des justificatifs (diplômes, titres, attestations) utilisés dans la profession ;
- mieux encadrer les compétences nécessaires au diagnostic technique global (DTG), avec une certification dédiée ;
- prévenir les fraudes tout en évitant d'alourdir inutilement les démarches des professionnels sérieux et des propriétaires.
Ce signalement illustre une préoccupation partagée : garantir que la personne qui réalise votre diagnostic dispose bien des compétences et de la certification requises. Un enjeu majeur quand le document conditionne la vente, la location ou le prix d'un bien.
Entre le changement de méthode de calcul annoncé et les débats sur la profession, elle hésite : faut-il faire son DPE maintenant ou attendre ?
Elle décide de vérifier d'abord que le diagnostiqueur choisi est certifié et que son certificat est bien en cours de validité.
Cette précaution simple la protège d'un diagnostic qui pourrait être contesté plus tard.
Ce que ces tensions changent pour les propriétaires et bailleurs
Pour un particulier, ces débats internes ont trois conséquences concrètes.
Un risque accru de diagnostics contestés
Dans un climat où la profession se restructure et où des fraudes sont signalées, les diagnostics mal réalisés ou émis par des professionnels non certifiés sont davantage susceptibles d'être remis en cause. Un DPE contesté peut fragiliser une vente ou une mise en location.
Une incertitude sur l'étiquette avec le nouveau calcul
Le changement de méthode au 1er janvier 2027 peut modifier l'étiquette de certains logements. Si votre bien est proche d'un seuil (par exemple la frontière entre deux classes), il est particulièrement important d'anticiper. Pour comprendre les enjeux d'une classe intermédiaire, notre article sur le DPE E et sa signification peut vous aider.
Une vigilance renforcée sur le choix du professionnel
Plus que jamais, le choix d'un diagnostiqueur certifié et assuré est déterminant. C'est la meilleure garantie que votre DPE pour la vente ou la location de votre appartement sera opposable et reconnu.
Faut-il refaire son DPE avant ou après 2027 ?
Il n'existe pas de réponse unique : cela dépend de votre situation et de la date de fin de validité de votre DPE actuel. Voici les repères utiles.
| Votre situation | Ce qu'il est prudent de vérifier |
| DPE valide et bien classé | Rien d'urgent : un DPE en cours de validité reste utilisable tant qu'il n'est pas expiré. |
| Bien proche d'un seuil de classe | Le changement de méthode peut faire bouger l'étiquette : à anticiper selon votre projet. |
| Projet de vente ou location imminent | Faire réaliser le diagnostic par un professionnel certifié, en vérifiant la validité du certificat. |
Pour approfondir les notions d'étiquette et de calcul, nos articles sur les classes énergétiques de A à G et sur le DPE appartement (définition, calcul, prix) détaillent les points clés.
Comment limiter le risque d'un DPE contesté
Quelques réflexes réduisent fortement le risque de litige.
- Vérifiez la certification du diagnostiqueur et sa validité au moment de l'intervention.
- Assurez-vous qu'il dispose d'une assurance professionnelle couvrant son activité.
- Conservez tous les justificatifs et le rapport complet, pas seulement l'étiquette.
- Préparez les informations sur votre logement (année de construction, travaux réalisés, factures d'isolation), surtout pour un logement ancien construit avant 1948, dont le calcul suit parfois des règles spécifiques.
Chez Dimo Diagnostic, nos diagnostiqueurs sont certifiés et assurés. Nous réalisons votre DPE dans les règles en vigueur et vous accompagnons pour comprendre votre étiquette et les évolutions réglementaires à venir, sans précipitation.
- Le mode de calcul du DPE doit changer au 1er janvier 2027, selon Action agricole Picarde : un même logement peut voir son étiquette évoluer sans travaux.
- La profession des diagnostiqueurs se recompose (Nous Diagnostiqueurs, UFD3I) et fait l'objet de débats, comme le montrent les communiqués relayés par Quotidiag et la lettre ouverte du député Daniel Labaronne.
- Des signalements de faux diplômes rappellent l'importance de choisir un professionnel certifié et assuré pour un DPE fiable et opposable.

