Le DPE (diagnostic de performance énergétique) est la note, de A à G, qui résume la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement. Mais cette note repose sur un calcul standardisé qui, dans certains cas, pénalise des logements pourtant sains.
Pourquoi une maison en pierre bien entretenue se retrouve-t-elle classée F ou G ? Pourquoi une maison chauffée à l'électricité est-elle désavantagée ? Et surtout, quels travaux font vraiment gagner une classe ? Fin octobre et début novembre 2026, plusieurs médias spécialisés se sont penchés sur ces anomalies : voici ce que ça change pour vous, propriétaire ou acquéreur.
Sommaire
- Le DPE est un calcul, pas une mesure de votre consommation réelle
- Chauffage électrique : l'effet du double seuil
- Maisons en pierre : pourquoi elles tombent en F ou G
- Le cumulus, ce poste sous-estimé
- Les travaux qui font vraiment gagner une classe
- Pourquoi deux logements identiques n'ont pas la même note
- Ce que Dimo peut faire pour vous
Le DPE est un calcul, pas une mesure de votre consommation réelle
Depuis sa réforme, le DPE repose sur une méthode conventionnelle : il ne mesure pas vos factures, mais estime la performance du logement à partir de ses caractéristiques physiques (isolation, surface des parois, système de chauffage, production d'eau chaude, etc.). Deux occupants aux habitudes très différentes obtiennent donc la même note pour le même logement.
Cette approche a un mérite : elle rend les biens comparables. Mais elle a aussi un revers. Le résultat dépend des coefficients et seuils fixés par la réglementation, et certains profils de logements se retrouvent mécaniquement désavantagés, sans que leur confort réel ou leurs dépenses le justifient toujours.
C'est tout le débat soulevé par le Club Patrimoine le 2 novembre 2026 : lorsque 27 % des logements anciens vendus ressortent en classe C, s'agit-il d'un vrai progrès ou d'un effet de calcul ? La réponse, souvent, est un peu des deux.
Chauffage électrique : l'effet du double seuil
C'est l'un des points les plus commentés. Selon L'Energeek (28 octobre 2026), les maisons chauffées à l'électricité seraient pénalisées par un mécanisme de double seuil dans le calcul : la note dépend à la fois de la consommation d'énergie primaire et des émissions de gaz à effet de serre, et il suffit de dépasser l'un des deux seuils pour basculer dans une classe inférieure.
L'électricité est peu carbonée en France, ce qui joue en sa faveur côté émissions. Mais le coefficient de conversion en énergie primaire appliqué à l'électricité alourdit le volet consommation. Résultat : un logement électrique peut rester bloqué par le premier seuil même avec de faibles émissions.
Fait marquant rapporté par JeChange le 28 octobre 2026 : un logement électrique sur trois équipé d'un poêle à bois aurait gagné une classe sans travaux, simplement parce que le bois est traité favorablement dans le calcul. L'ajout d'un appoint bois peut donc mécaniquement améliorer l'étiquette.
Maisons en pierre : pourquoi elles tombent en F ou G
D'après Actual Immo (30 octobre 2026), de nombreuses maisons en pierre se retrouvent classées F ou G alors qu'elles sont solides, saines et parfois confortables en été grâce à leur inertie. Le calcul du DPE valorise mal cette inertie thermique des murs épais : il se concentre sur la résistance à la déperdition, là où la pierre brute est effectivement médiocre.
Autrement dit, une maison traditionnelle peut être pénalisée par la nature même de ses matériaux, sans défaut d'entretien. Les postes les plus souvent en cause sont les murs non isolés, les combles, les menuiseries anciennes et un chauffage ancien.
Pour aller plus loin sur ce type de bâti, consultez notre guide DPE maison ancienne : comment améliorer sa note.
En réalité, le calcul sanctionne surtout ses murs non isolés et ses fenêtres simple vitrage. Après isolation des combles et remplacement de sa vieille chaudière, elle vise désormais une classe E, sans avoir touché à la pierre apparente qu'elle tenait à conserver.
Le cumulus, ce poste sous-estimé
Autre révélation, signalée par JeChange le 28 octobre 2026 : dans un studio, le cumulus (ballon d'eau chaude électrique) peut peser plus lourd dans le DPE que les radiateurs eux-mêmes. Dans un petit logement, l'eau chaude sanitaire représente une part importante de la consommation estimée.
Bonne nouvelle : c'est aussi souvent le poste le moins coûteux à faire évoluer. Remplacer un vieux cumulus par un modèle plus performant, comme un chauffe-eau thermodynamique, peut améliorer la note pour un investissement limité au regard d'une rénovation globale.
Les travaux qui font vraiment gagner une classe
Toutes les dépenses ne se valent pas. Un point souligné par RCA le 24 octobre 2026 est parlant : vous pouvez changer vos fenêtres et rester classé E. Un travail isolé, même coûteux, ne suffit pas toujours à franchir un seuil.
Pour un maximum d'effet sur l'étiquette, les leviers les plus souvent cités sont :
| Levier | Pour quel logement | Impact attendu sur la note |
| Isolation des combles / toiture | Maisons, dernier étage | Souvent fort |
| Isolation des murs | Maisons en pierre non isolées | Fort |
| Remplacement du chauffage | Chaudières anciennes, convecteurs | Fort |
| Changement du ballon d'eau chaude | Studios, petits logements électriques | Souvent fort pour un coût modéré |
| Appoint bois (poêle) | Logements électriques | Peut faire gagner une classe |
| Remplacement des fenêtres seul | Tous | Souvent insuffisant seul |
La logique est donc de combiner les travaux et de viser un seuil, plutôt que d'additionner des gestes isolés. Les traitements des ponts thermiques complètent utilement une isolation. Pour comprendre les paliers entre classes, voir DPE classes A à G : comprendre votre note.
Pourquoi deux logements identiques n'ont pas la même note
Economie Matin posait la question le 28 octobre 2026 : pourquoi deux maisons identiques se vendent-elles différemment ? Une partie de la réponse tient au DPE lui-même. À caractéristiques proches, des hypothèses de saisie différentes, un système de chauffage distinct ou une donnée manquante peuvent faire basculer d'une classe à l'autre.
Cela souligne l'importance de la qualité du diagnostic : les données transmises au diagnostiqueur (factures, descriptifs d'isolation, dates d'installation des équipements) influencent directement le résultat. Un DPE réalisé avec des informations incomplètes peut sous-noter un logement pourtant performant.
Si vous préparez une vente ou une location, vous pouvez estimer votre position avec notre simulateur DPE gratuit avant le passage du diagnostiqueur.
Ce que Dimo peut faire pour vous
Chez Dimo Diagnostic, nos diagnostiqueurs certifiés réalisent votre DPE en recueillant les données nécessaires pour éviter les sous-notations liées à des informations manquantes. Nous pouvons aussi vous aider à repérer les postes les plus pénalisants de votre rapport, qu'il s'agisse du chauffage, de l'eau chaude ou de l'isolation.
Pour un appartement, retrouvez notre offre dédiée : diagnostic DPE pour appartement.
- Le DPE est un calcul conventionnel, pas une mesure de vos factures : certains logements sains sont pénalisés par les seuils et coefficients.
- Chauffage électrique, maisons en pierre et cumulus de studio sont parmi les profils les plus exposés à une note désavantageuse.
- Pour gagner une classe, mieux vaut combiner des travaux ciblés (isolation + chauffage) que changer un seul élément comme les fenêtres.
- Un diagnostic bien documenté évite les sous-notations : rassemblez vos justificatifs avant le passage du diagnostiqueur.

