Un termite est visible à l’œil nu — un ouvrier mesure 3 à 5 mm, un termite ailé jusqu’à 10 mm —, mais on le voit rarement : il vit dans le sol et à l’intérieur du bois, fuit la lumière et ne sort qu’au moment de l’essaimage, au printemps. Ce que l’on repère chez soi, ce sont ses traces : des cordonnets de terre sur un mur, un bois qui sonne creux sous une surface intacte, des galeries en feuillets remplies de terre, des ailes abandonnées près d’une fenêtre. Et un indice en creux qui tranche avec les autres insectes du bois : jamais de sciure.
Voici les sept signes que nos diagnostiqueurs recherchent — 6 083 états termites réalisés entre janvier et septembre 2026 —, comment ne pas confondre les termites avec un capricorne, une vrillette ou la mérule, et ce qu’il faut faire, et ne pas faire, quand un signe apparaît.
Sommaire
Peut-on voir un termite à l’œil nu ?
Oui, à condition de savoir quoi regarder. En France métropolitaine, les termites qui attaquent les maisons sont presque toujours des termites souterrains du genre Reticulitermes — six espèces, de la façade atlantique au pourtour méditerranéen, jusqu’en région parisienne. Les ouvriers sont blanc crème, mous, aveugles, de 3 à 5 mm ; les soldats ont une tête brune allongée ; les reproducteurs ailés, noirs ou brun foncé, mesurent 6 à 10 mm et portent quatre ailes de même taille. Une seule espèce vit dans le bois sec sans contact avec le sol, Kalotermes flavicollis, le termite à cou jaune, cantonné au littoral méditerranéen.
Deux repères pour ne pas confondre un termite ailé avec une fourmi volante : le termite a des antennes droites et un corps sans étranglement, la fourmi des antennes coudées et une taille pincée ; les quatre ailes du termite sont égales, celles de la fourmi inégales. Quant aux ouvriers, on ne les voit qu’en ouvrant un bois attaqué ou un cordonnet : ils s’enfuient de la lumière en quelques secondes.

Comment savoir si on a des termites : les 7 signes
1. Les cordonnets de terre
C’est le signe le plus sûr. Pour circuler à l’abri de la lumière entre le sol et le bois, les termites construisent des tunnels de terre et de salive, de la largeur d’un crayon, qui courent sur les murs de cave, les fondations, les plinthes, les gaines, parfois le long d’un tuyau ou d’une canalisation. Un cordonnet ouvert avec la pointe d’un couteau laisse voir, s’il est actif, des ouvriers qui s’enfuient. Ne les détruisez pas tous : le diagnostiqueur en a besoin pour situer l’infestation.
2. Le bois qui sonne creux
Les termites mangent le bois de l’intérieur en respectant sa surface : une plinthe, un bas d’huisserie ou une solive peuvent paraître intacts et n’être plus qu’une coquille. Tapotez avec le manche d’un tournevis : un son de papier ou de carton, là où le bois voisin sonne plein, doit alerter. Une pointe qui s’enfonce sans effort confirme.
3. Les galeries en feuillets
Quand on ouvre un bois attaqué par des termites, on trouve des galeries qui suivent le fil du bois, en feuillets séparés par de fines parois, tapissées de terre et de déjections compactées. C’est la signature des termites souterrains : ni sciure, ni trous de sortie, mais du bois lamellé et de la terre là où il ne devrait pas y en avoir.
4. Les ailes abandonnées
D’avril à juin, les reproducteurs quittent la colonie par centaines pour en fonder une autre : c’est l’essaimage. Il dure quelques heures, souvent par temps chaud et humide, et laisse des tas d’ailes translucides, toutes de même taille, sur un rebord de fenêtre, un appui, sous une lampe ou dans une toile d’araignée. Un essaimage à l’intérieur signifie qu’une colonie mature est dans le bâtiment ou tout contre.
5. Le bois qui se déforme
Un bois vidé se tasse. Une porte qui frotte alors qu’elle fermait bien, une plinthe qui gondole, une peinture qui cloque sur un montant, un plancher qui fléchit à un endroit précis sont des signes indirects, à confirmer par le test du son creux.
6. De la terre là où il n’en faut pas
Des traînées ou des bouchons de terre dans une fissure de mur, entre une plinthe et le sol, dans le joint d’un carrelage, au pied d’un poteau ou d’un chambranle : les termites colmatent avec de la terre tout ce qui laisserait passer l’air et la lumière. C’est souvent ce qu’un occupant remarque en premier, sans savoir l’interpréter.
7. Les petits granulés du termite de bois sec
Ce signe ne vaut que pour Kalotermes, sur la côte méditerranéenne : ce termite expulse ses déjections par de petits trous, sous forme de granulés de 1 mm, à six faces, qui s’accumulent en petits tas secs sous une poutre, un volet ou un meuble. Les termites souterrains, eux, ne rejettent rien : si vous trouvez de la poudre ou des vermoulures, pensez plutôt à un autre insecte. Le détail est dans notre article sur les excréments de termites.

Termites, capricorne, vrillette ou mérule : ne pas se tromper d’ennemi
Beaucoup de « termites » signalés par nos clients sont autre chose. Le tableau qui suit reprend ce qui se voit dans chaque cas ; la colonne « sciure » suffit souvent à trancher.

| Attaque | Ce qui la trahit |
|---|---|
| Termites | Cordonnets, bois creux à surface intacte, galeries en feuillets avec de la terre, ailes au printemps. Aucune sciure. |
| Capricorne des maisons | Charpentes en résineux ; trous de sortie ovales de 6 à 10 mm, sciure grossière en petits boudins, bois vermoulu sous une fine pellicule. |
| Vrillettes | Petits trous ronds de 1 à 3 mm, sciure très fine ; meubles, feuillus, bois humides. |
| Fourmi charpentière | Galeries lisses et propres, sciure grossière mêlée de débris ; les fourmis sont visibles, taille pincée et antennes coudées. |
| Mérule | Ce n’est pas un insecte : filaments blancs puis feutre brun, bois qui se fend en cubes, odeur de champignon. Voir notre article sur la mérule dans la cave. |
Ces attaques peuvent coexister : un bois humide attire les vrillettes comme les termites. C’est pourquoi l’état termites mentionne, à titre d’information, les « indices d’infestation d’autres agents de dégradation biologique du bois » quand le diagnostiqueur en voit, sans les identifier précisément — ce n’est pas sa mission.
Où chercher chez vous
Les termites montent du sol. Cherchez donc de bas en haut, et d’abord là où le bois touche la terre ou l’humidité :
- Cave, sous-sol, vide sanitaire : murs, poteaux, bas des escaliers, solives, tuyaux le long desquels courent les cordonnets ;
- Rez-de-chaussée : plinthes, bas des huisseries de portes et fenêtres, chambranles, planchers sur terre-plein, dessous d’évier et de baignoire ;
- Extérieur : tas de bois contre un mur, souches, piquets de clôture, abri de jardin, terrasse bois, bois de coffrage oublié en fondation ;
- Points d’entrée : fissures de dalle, passages de canalisations, joints de dilatation, enduits décollés.
Une lampe torche, un tournevis et dix minutes suffisent pour un premier tour. Ce que vous ne pouvez pas faire : sonder ce qui est caché derrière un doublage, sous un carrelage ou dans un mur — c’est aussi la limite du diagnostic, qui ne comporte pas d’investigation destructive.

Ce que constatent nos diagnostiqueurs
L’état relatif à la présence de termites est l’un de nos diagnostics les plus fréquents : 6 083 dossiers en comportaient un entre janvier et septembre 2026, soit 45,2 % de nos dossiers de diagnostics — presque toujours dans un dossier de vente, où il accompagne l’état des risques et le DPE. Les départements où nous en réalisons le plus sont, dans l’ordre, Hérault (1 095), Paris (793), Gironde (633), Gard (578), Bouches-du-Rhône (558), Haute-Garonne (521), Hauts-de-Seine (337). Commandé seul, il nous a été facturé 158 € TTC en médiane.
Sur le terrain, le diagnostiqueur examine toutes les parties visibles et accessibles, sonde les bois, ouvre les cordonnets, et consigne trois choses que les acheteurs lisent rarement : les parties non visitées et pourquoi (encombrement, hauteur, absence d’accès), les indices d’infestation — vivants ou anciens — et les indices d’autres agents de dégradation. Quelques situations qui reviennent dans nos échanges :
- Des galeries dans la cave, mais aucun termite vivant. Le rapport le dit tel quel : indices d’infestation, sans activité constatée le jour de la visite. Cela peut être une colonie partie ailleurs, ou active plus loin dans le bâti. La prudence est de traiter comme une infestation possible.
- « Le diagnostic a-t-il vu des termites, ou seulement des dégâts anciens ? » Question fréquente d’un acheteur avant la promesse, à propos d’un abri de jardin ou d’une poutre. Le rapport distingue les deux, et nos techniciens répondent point par point.
- Une suspicion après notre passage. Un client découvre un cordonnet quelques semaines après le diagnostic : nous revenons constater sur place, une présence ne pouvant pas s’apprécier à distance.
- Un local inaccessible — combles encombrés, trappe trop haute — apparaît en « non visité ». Ce n’est pas une omission : le rapport l’écrit pour que l’acheteur sache ce qui n’a pas été vu.
Vous avez repéré un signe : que faire
- Ne traitez pas vous-même et ne détruisez pas les cordonnets. Un insecticide ménager ou un remède de grand-mère disperse la colonie sans l’éliminer et brouille le diagnostic.
- Photographiez les indices, notez la pièce et la date, et gardez quelques ailes ou un fragment de bois dans un sachet.
- Faites établir un état termites par un diagnostiqueur certifié : il localise l’infestation, dit si elle est active, et son rapport sert de base au traitement. Pour un achat, c’est la pièce à exiger.
- Déclarez en mairie : dès qu’il a connaissance de termites dans un immeuble bâti, l’occupant — ou à défaut le propriétaire — doit en faire la déclaration à la mairie de la commune. C’est ce qui permet aux préfets de délimiter les zones.
- Faites traiter par une entreprise certifiée (marque CTB-A+) : barrière chimique, traitement du bois, ou pièges à appâts qui éliminent la colonie entière. Les méthodes et leurs coûts sont dans notre article sur le traitement des termites.
Si vous vendez, sachez que dans les communes couvertes par un arrêté préfectoral — 54 départements au 10 septembre 2026 d’après l’Observatoire national termite, dont 25 classés en entier, la Sarthe entière depuis le 1er septembre 2026 ; la liste évolue à chaque nouvel arrêté —, l’état termites est obligatoire, valable six mois, et qu’à défaut vous ne pouvez pas vous exonérer de la garantie des vices cachés. La liste est dans notre article sur les départements concernés par le diagnostic termites.
Questions fréquentes sur les signes de termites
À quoi ressemble un termite ?
L’ouvrier est blanc crème, mou, sans yeux, de 3 à 5 mm ; le soldat a une grosse tête brune ; l’ailé est noir ou brun foncé, de 6 à 10 mm, avec quatre ailes égales et des antennes droites. On confond surtout l’ailé avec une fourmi volante.
Les termites font-ils du bruit ?
Rien que l’oreille humaine perçoive dans une maison. Les « cliquetis » cités ici ou là ne sont pas un signe fiable ; fiez-vous aux cordonnets, au bois creux et aux ailes.
Les termites laissent-ils de la sciure ?
Non. Les termites souterrains gardent leurs déjections dans les galeries. De la sciure ou des vermoulures signalent un capricorne, une vrillette ou une fourmi charpentière. Seul le termite de bois sec méditerranéen rejette de petits granulés secs.
Qu’est-ce qu’un cordonnet de termites ?
Un tunnel de terre et de salive, de la largeur d’un crayon, que les termites construisent pour circuler à l’abri de la lumière entre le sol et le bois. On le trouve sur les murs de cave, les fondations, les plinthes et le long des tuyaux.
À quelle période voit-on des termites volants ?
D’avril à juin, lors de l’essaimage, souvent par temps chaud et humide. Il dure quelques heures et laisse des tas d’ailes.
Un bois qui sonne creux, est-ce forcément des termites ?
Non : capricorne, vrillettes ou pourriture donnent le même son. La différence se fait en ouvrant le bois — galeries en feuillets avec de la terre pour les termites, sciure pour les insectes à larves — ou par un diagnostic.
Le diagnostic termites voit-il tout ?
Il examine ce qui est visible et accessible sans démontage. Ce qui est derrière un doublage, sous un carrelage ou dans un local encombré est consigné comme non visité, pas comme sain.
Faut-il déclarer des termites à la mairie ?
Oui, dès que vous en avez connaissance, par l’occupant ou le propriétaire. La déclaration alimente le zonage préfectoral et n’entraîne aucune sanction pour celui qui déclare.

