GES signifie gaz à effet de serre. Dans un DPE, la classe GES est la note climat de votre logement : elle mesure les gaz à effet de serre émis pour le chauffer, produire l’eau chaude, le rafraîchir, l’éclairer et faire tourner ses équipements, en kilogrammes de CO2 par mètre carré et par an. Elle va de A, moins de 6 kg, à G, 100 kg et plus. Elle est calculée dans le même diagnostic de performance énergétique que la classe énergie, et depuis le 1er juillet 2021 elle compte autant qu’elle : le DPE retient la plus mauvaise des deux étiquettes.
Ce n’est pas un détail. Sur les 5,1 millions de DPE déposés à l’ADEME en 2025 et 2026, un logement sur cinq doit sa classe au seul seuil GES : sa consommation d’énergie lui aurait valu une meilleure lettre. Voici les seuils, la règle du double seuil, ce qui pèse vraiment dans cette note, et comment la faire remonter.
Sommaire
- GES : définition et signification dans le DPE
- Les seuils de la classe GES, de A à G
- Classe GES ou classe énergie : laquelle fixe la note du DPE ?
- Ce qui fait la classe GES : l’énergie de chauffage avant tout
- Lire la classe GES sur son rapport de DPE
- Comment améliorer sa classe GES
- Ce que changent les réformes de 2026 et 2027 pour le GES
- Classe GES : obligations à la vente et à la location
- Questions fréquentes sur la classe GES
GES : définition et signification dans le DPE
GES signifie gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone (CO2) d’abord, mais aussi le méthane et le protoxyde d’azote, ramenés à un « équivalent CO2 ». Dans l’immobilier, le sigle désigne par extension l’étiquette climat du DPE, qui chiffre les émissions liées à l’occupation du logement. Brûler du fioul ou du gaz dans une chaudière en produit directement ; consommer de l’électricité en produit indirectement, à la centrale, dans une proportion bien plus faible en France.
Le DPE comporte deux étiquettes. L’étiquette énergie exprime la consommation d’énergie primaire du logement, en kWh/m²/an. L’étiquette climat exprime ses émissions de gaz à effet de serre, en kg CO2eq/m²/an : c’est la classe GES. Les deux portent sur les mêmes cinq usages : chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage et auxiliaires (ventilation, pompes des circuits).

Le calcul ne repose pas sur vos factures. Depuis la réforme de juillet 2021, le diagnostiqueur applique la méthode 3CL à ce qu’il relève sur place — surfaces, parois, menuiseries, ventilation, systèmes de chauffage et d’eau chaude — pour estimer la consommation par énergie, puis convertit chaque kilowattheure en CO2 avec un contenu carbone fixé par arrêté. Le même logement, avec la même isolation, n’a donc pas la même classe GES selon qu’il est chauffé au fioul, au gaz ou à l’électricité. C’est le point que nous détaillons plus bas, chiffres à l’appui.
Les seuils de la classe GES, de A à G
Les seuils sont fixés par l’arrêté du 31 mars 2021, modifié le 25 mars 2024, pour un logement de plus de 40 m² situé à moins de 800 m d’altitude. Nous donnons les deux échelles côte à côte, puisque la classe finale dépend des deux.
| Classe | Émissions de GES (kg CO2eq/m²/an) | Énergie primaire (kWh/m²/an) |
|---|---|---|
| A | moins de 6 | moins de 70 |
| B | 6 à 10 | 70 à 109 |
| C | 11 à 29 | 110 à 179 |
| D | 30 à 49 | 180 à 249 |
| E | 50 à 69 | 250 à 329 |
| F | 70 à 99 | 330 à 419 |
| G | 100 et plus | 420 et plus |
Deux exceptions. Au-dessus de 800 m d’altitude, les bornes E et F sont relevées : E jusqu’à 79 kg, F jusqu’à 109 kg, G à partir de 110 kg côté climat, avec des seuils énergie eux aussi rehaussés. Pour les logements de 40 m² ou moins, des seuils spécifiques, plus permissifs, s’appliquent depuis le 1er juillet 2024 : le tableau standard ne s’applique pas à un studio.
Classe GES ou classe énergie : laquelle fixe la note du DPE ?
Avant juillet 2021, la classe du DPE ne dépendait que de l’énergie ; l’étiquette climat était affichée à titre d’information. Depuis, la règle est celle du double seuil : le logement reçoit la classe correspondant à sa consommation d’énergie, la classe correspondant à ses émissions, et la plus mauvaise des deux devient sa classe officielle. Un logement à 160 kWh/m²/an (classe C en énergie) mais à 52 kg de CO2 (classe E en climat) est classé E.
Pour mesurer le poids réel de cette règle, nous avons repris les DPE déposés à l’ADEME en 2025 et 2026 (données ouvertes, extraites le 9 septembre 2026) pour des logements de plus de 40 m², et compté ceux dont la consommation d’énergie primaire, prise seule, aurait donné une meilleure lettre que la classe finale.
| Classe finale du DPE | Logements concernés | Dont classe fixée par le seuil GES seul |
|---|---|---|
| B | 266 098 | 9 % |
| C | 1 502 377 | 25 % |
| D | 1 211 128 | 21 % |
| E | 552 799 | 15 % |
| F | 225 902 | 22 % |
| G | 111 983 | 19 % |
| Ensemble (A à G) | 3 962 895 | 20 % |
Un DPE sur cinq, donc, et un quart des classes C. Le cas le plus fréquent est celui d’un logement correctement isolé mais chauffé à une énergie fossile : parmi les logements au fioul classés G, 52 % ne sont G qu’à cause de leurs émissions ; leur consommation seule les aurait placés en F, en E, parfois mieux. À l’inverse, un logement chauffé à l’électricité n’est pratiquement jamais pénalisé par sa classe GES : le cas se présente dans moins de 1 % des DPE électriques.
Ce qui fait la classe GES : l’énergie de chauffage avant tout
Ce qui fait la classe GES, c’est d’abord l’énergie qui chauffe le logement, bien avant l’isolation. Chaque kilowattheure consommé est converti en CO2 avec le contenu carbone fixé par l’annexe 4 de l’arrêté du 31 mars 2021 :
| Énergie | Contenu CO2 (kg CO2eq par kWh) | Rapport au gaz naturel |
|---|---|---|
| Bois (bûches, granulés) | 0,030 | ÷ 7,6 |
| Électricité (chauffage) | 0,079 | ÷ 2,9 |
| Gaz naturel | 0,227 | référence |
| GPL, propane, butane | 0,272 | × 1,2 |
| Fioul domestique | 0,324 | × 1,4 |
| Charbon | 0,385 | × 1,7 |
| Réseau de chaleur | propre à chaque réseau | — |
Pour l’électricité, le contenu retenu est celui du chauffage ; l’eau chaude (0,065) et les autres usages (0,064) sont un peu plus bas. Pour un réseau de chaleur, le contenu est propre à chaque réseau et publié chaque année : un réseau alimenté par la géothermie ou l’incinération de déchets émet très peu, un réseau au gaz autant qu’une chaudière.
Ces coefficients se voient directement dans les DPE. Voici, sur les 5,1 millions de DPE de 2025 et 2026 publiés en données ouvertes par l’ADEME, la répartition de l’étiquette climat selon l’énergie principale de chauffage :

- Électricité — radiateurs, plancher chauffant ou pompe à chaleur : 83 % des logements en A ou B, et le reste presque entièrement en C. La classe GES n’est jamais leur problème ; c’est la classe énergie, à cause du coefficient de conversion en énergie primaire, qui les bride.
- Bois — 91 % de A ou B avec des granulés, 72 % avec des bûches. Le contenu carbone du bois est le plus faible du barème.
- Réseau de chaleur — 28 % en A ou B et 66 % en C ou D : tout dépend de ce qui alimente le réseau.
- Gaz naturel — le gros des logements se répartit entre C (41 %) et D (35 %) ; 22 % sont en E, F ou G. Un appartement au gaz bien isolé plafonne en général à C. Pour un appartement chauffé collectivement, c’est l’énergie de la chaufferie de l’immeuble qui compte, pas un choix du propriétaire.
- Fioul — 74 % des logements en E, F ou G, dont 29 % en F et 19 % en G. Presque aucun n’atteint A ou B. C’est, en proportion, l’énergie la plus souvent rattrapée par le seul seuil GES.
Après l’énergie de chauffage viennent l’eau chaude sanitaire, souvent produite par le même appareil, puis l’isolation et la ventilation, qui réduisent les besoins et donc les émissions, mais sans changer le contenu carbone de chaque kilowattheure.
Un exemple chiffré : la même maison, quatre chauffages
Prenons une maison de 100 m² dont le chauffage demande 160 kWh d’énergie finale par mètre carré et par an — une isolation moyenne. Calcul simplifié au seul poste chauffage, avec le coefficient d’énergie primaire de 2026 (1,9 pour l’électricité, 1 pour les autres énergies). Énergie primaire en kWh/m²/an, émissions en kg CO2eq/m²/an ; la classe retenue, la plus mauvaise des deux, est en gras :
| Chauffage | Énergie primaire | Émissions de GES |
|---|---|---|
| Chaudière fioul | 160 → C | 52 → E |
| Chaudière gaz | 160 → C | 36 → D |
| Radiateurs électriques | 304 → E | 13 → C |
| Pompe à chaleur (COP 3) | 101 → B | 4 → A |
Le calcul : les émissions sont la consommation multipliée par le contenu CO2 — 160 × 0,324 = 52 kg pour le fioul, 160 × 0,227 = 36 kg pour le gaz, 160 × 0,079 = 13 kg pour les radiateurs électriques ; l’énergie primaire de l’électricité est la consommation multipliée par 1,9, soit 304 kWh. La pompe à chaleur, avec un COP de 3, ne consomme que 53 kWh d’électricité pour le même besoin : 101 kWh d’énergie primaire et 4 kg de CO2.
Même bâti, même besoin de chaleur : de B à E selon l’appareil. Et deux logements classés E pour des raisons opposées — le fioul par ses émissions, l’électricité par l’énergie primaire. Ils ne se rénovent pas de la même façon. Le détail de la méthode est dans notre article sur le calcul du DPE.
Lire la classe GES sur son rapport de DPE
Les deux étiquettes figurent en première page du rapport, côte à côte, chacune avec sa lettre et sa valeur chiffrée. Regardez la valeur, pas seulement la lettre : un logement à 30 kg est en D, mais à un kilo de la classe C ; à 49 kg, il est également en D, mais à un kilo de E. Les recommandations de travaux qui suivent dans le rapport indiquent, pour chaque scénario, la classe attendue sur les deux échelles.
Le rapport détaille aussi les émissions par usage — chauffage, eau chaude, refroidissement, éclairage, auxiliaires. Dans un logement chauffé au fioul ou au gaz, le chauffage représente l’essentiel des émissions ; c’est là que se joue la classe. Enfin, le numéro à 13 chiffres attribué par l’observatoire de l’ADEME permet de retrouver le DPE en ligne, avec ses deux étiquettes, sans avoir le document sous la main. C’est le moyen le plus simple de connaître la classe GES d’un bien avant de le visiter.
Comment améliorer sa classe GES
La logique découle du calcul : la classe GES s’améliore surtout en changeant d’énergie, et accessoirement en consommant moins.
- Remplacer une chaudière fioul. C’est le levier le plus puissant du barème. Passer du fioul à une pompe à chaleur divise le contenu carbone par quatre à chaque kilowattheure, avant même l’effet du rendement ; les données ADEME le montrent, 74 % des logements au fioul sont en E, F ou G contre moins de 1 % des logements électriques. Les aides et le calendrier sont dans notre article sur l’interdiction des chaudières au fioul.
- Remplacer une chaudière gaz par une pompe à chaleur air-eau ou une chaudière à granulés. Le gain est net sur les deux étiquettes ; nous l’avons chiffré dans notre article remplacer une chaudière gaz par une pompe à chaleur.
- Traiter l’eau chaude sanitaire. Un chauffe-eau thermodynamique à la place d’un ballon gaz ou d’un appoint fioul retire le deuxième poste d’émissions.
- Isoler et ventiler. Combles, murs, menuiseries, VMC : chaque kilowattheure évité ne produit plus de CO2. C’est ce qui fait passer un logement gaz de D à C sans changer d’appareil, et cela améliore la classe énergie dans le même mouvement. Notre guide pour améliorer son DPE classe ces travaux par efficacité.
Un piège à connaître : remplacer une chaudière gaz par des radiateurs électriques fait baisser les émissions mais monter l’énergie primaire, avec le coefficient 1,9 puis 1,7. Selon l’isolation, la classe finale peut ne pas bouger, voire reculer. Avant de choisir, demandez à votre diagnostiqueur de simuler les deux étiquettes pour chaque scénario : c’est prévu dans le rapport.
Ce que changent les réformes de 2026 et 2027 pour le GES
Trois textes se succèdent, et aucun ne modifie les contenus carbone du barème ni les seuils GES.
- 1er janvier 2026 : le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Il agit sur l’étiquette énergie seulement. Les logements chauffés à l’électricité ont pu gagner une classe ; aucun n’en a perdu.
- 1er janvier 2027 : ce coefficient descend à 1,7 (arrêté du 19 août 2026). Là encore, seule la classe énergie bouge. Un logement au fioul ou au gaz classé E par ses émissions le reste, coefficient ou pas.
- 1er janvier 2027 également : l’étiquette affiche de nouvelles mentions (arrêté du 11 juin 2026), dont la mention « A0 » de bâtiment à zéro émission. Elle suppose une classe A ou B et l’absence de tout chauffage ou eau chaude à énergie fossile sur place. La classe GES y retrouve donc un rôle direct.
Les DPE en cours de validité restent valables dix ans à compter de leur date ; il n’y a pas à les refaire. Nous détaillons les deux arrêtés dans notre article sur la réforme du DPE en 2027.
Classe GES : obligations à la vente et à la location
Depuis que la classe GES peut fixer la classe finale, toutes les obligations attachées à la lettre du DPE la concernent.
- Dans l’annonce, à la vente comme à la location, doivent figurer la classe énergie, la classe climat et une estimation des dépenses annuelles d’énergie avec son année de référence ; pour un logement F ou G, la mention « logement à consommation énergétique excessive ». L’omission expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour un particulier et 15 000 € pour une société.
- À la location, les interdictions de la loi Climat s’appliquent à la classe finale, quelle que soit l’échelle qui l’a fixée : G depuis le 1er janvier 2025, F à partir du 1er janvier 2028, E à partir du 1er janvier 2034. Une maison au fioul classée G par ses émissions ne peut plus être proposée à un nouveau locataire. Le détail est dans notre article sur le DPE en location.
- À la vente, un logement en monopropriété doit être accompagné d’un audit énergétique s’il est classé F ou G (depuis 2023) ou E (depuis le 1er janvier 2025) ; voir notre article sur l’ audit énergétique. Une passoire thermique peut donc l’être par son étiquette climat.
Le DPE lui-même est réalisé par un diagnostiqueur certifié, valable dix ans, et son prix est le même quelle que soit l’énergie du logement.
Questions fréquentes sur la classe GES
Qu’est-ce qu’une bonne classe GES ?
A et B, soit moins de 11 kg de CO2 par mètre carré et par an. En pratique, elles sont réservées aux logements chauffés à l’électricité, au bois ou par un réseau de chaleur peu carboné. Un logement au gaz correctement isolé se situe en C ; c’est une classe honorable pour cette énergie.
Un logement peut-il être A en énergie et E en GES ?
Un tel écart est rare, mais des écarts de deux classes sont courants : un logement C en énergie et E en climat est classé E. Le DPE retient toujours la moins bonne des deux étiquettes.
Quelle classe GES avec un chauffage au gaz ?
Le plus souvent C ou D : sur les DPE de 2025 et 2026, 41 % des logements au gaz naturel sont en C et 35 % en D. Les classes A et B sont quasiment inaccessibles avec cette énergie.
Quelle classe GES avec un chauffage au fioul ?
Rarement mieux que D. Sur la même période, 22 % des logements au fioul sont en D, 26 % en E, 29 % en F et 19 % en G.
La classe GES compte-t-elle pour l’interdiction de louer ?
Oui. L’interdiction vise la classe finale du DPE, et cette classe peut être fixée par les émissions. Un logement G par son étiquette climat est interdit à la location depuis le 1er janvier 2025, comme n’importe quel G.
Le coefficient 1,7 de 2027 va-t-il changer ma classe GES ?
Non. Ce coefficient convertit l’électricité en énergie primaire et n’agit que sur l’étiquette énergie. Les contenus carbone des énergies, qui font la classe GES, ne changent pas.
Comment connaître la classe GES d’un logement sans le DPE sous la main ?
Avec le numéro à 13 chiffres du DPE, sur l’observatoire de l’ADEME, qui affiche les deux étiquettes. Elle figure aussi obligatoirement dans l’annonce de vente ou de location.
Faut-il refaire le DPE après avoir changé de chaudière ?
Ce n’est pas obligatoire tant que le DPE est valide, mais c’est dans votre intérêt : l’ancien rapport continue d’afficher l’ancienne énergie, donc l’ancienne classe GES, dans les annonces et pour le locataire. Un nouveau DPE constate le changement.

